Assurance-vie : menace d'un krach obligataire
Actuellement, un risque de krach obligataire menace dangereusement la prospérité des assurances-vie, et plus particulièrement les fonds en € caractérisant le placement préféré des Français. Les causes de ce "scénario catastrophe" résideraient principalement dans le risque d'inflation provoqué par le versement massif de liquidités sur le marché, afin de résorber la crise actuelle du crédit. Dans cette situation, les banques centrales n'auraient pas d'autres choix que de rehausser les taux directeurs, ce qui entraînerait une chute de la valeur des obligations dont les prix fluctuent en sens inverse des taux.
Menace sérieuse de rachats de crédit en masse
Si les taux d'intérêt fixés par les banques centrales grimpaient considérablement, les fonds "en euros" des contrats d'assurance-vie en cours, deviendraient beaucoup moins rentables que les placements dont la rentabilité progresse au rythme de l'inflation. En 2008, une telle situation avait vu le jour : en raison du taux de 4 % du livret A, des versements massifs avaient été effectués sur ce support d'investissement, au détriment de l'assurance-vie. Si cette situation se renouvèle, de nombreux souscripteurs d'une assurance-vie risquent de racheter leur épargne, afin de placer leur argent sur un produit de placement affichant une meilleure rentabilité. Mais comme l'encours du livret A ne peut pas excéder 15 300 euros, ce dernier ne saurait pas répondre à l'absorption d'une telle masse de capitaux.
Le danger d'une nouvelle concurrence sur le marché
Selon Adrien Lafaille, actuaire manager et expert retraite chez Optimid, un risque pourrait provenir de nouveaux arrivants sur le marché, proposant des taux d'intérêt très généreux par rapport à ceux des produits existants. Or, dans un contexte de krach obligataire, les plus-values potentielles des compagnies d'assurances réalisées sur les titres en portefeuille, peuvent rapidement se transformer en moins-values latentes. Les assureurs sont contraints de vendre une part des actifs de leur support d'épargne, les conduisant ainsi à accumuler des moins-values. Cette situation fragiliserait nettement la situation financière des compagnies d'assurances, ce qui obligerait certainement l'Etat à intervenir.
Une menace écartée dans la pratique
Toutefois, Adrien Lafaille précise que le danger demeure fortement hypothétique, car de multiples forces de rappel sont prévues dans la pratique. Les compagnies d'assurances peuvent gonfler les taux de rendement proposés, afin de détourner les rachats d'épargne, en prélevant dans la réserve pour contribution aux bénéfices. La provision de capitalisation leur permet également d'ingérer les pertes découlant des rachats consécutifs à une augmentation explosive des taux d'intérêt. Enfin, la faiblesse de la menace qui pèse sur l'assurance-vie réside surtout dans le but propre à ce type de contrat. En effet, les placements effectués sont souvent réalisés dans un objectif à long terme de transmission du patrimoine. Ainsi, la perte des avantages fiscaux du fonds "en euros" a un effet fortement dissuasif sur la pratique des rachats de crédit.
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